Conseil d'expert

Des citoyens aux entreprises, chacun a sa part à jouer dans la généralisation de la sobriété énergétique. En prenant des mesures politiques, les pouvoirs publics orchestrent cette vision collective d’un futur plus écologique. En France, un Plan de sobriété énergétique national a été initié en 2022. Ce plan a pour objectif une réduction de 40 % des consommations d’énergie d’ici 2050 pour atteindre la neutralité carbone.

Pourquoi parler de sobriété et d’efficacité énergétique ?

La sobriété énergétique est l’un des piliers du Plan de transition énergétique impulsé en France face au changement climatique. Cette démarche écologique consiste à réduire la consommation d’énergie. Cette réduction vertueuse permet aussi de limiter les émissions de gaz à effet de serre. La sobriété énergétique s’applique à l’ensemble des énergies, à la mobilité ou aux bâtiments. Toutefois, sa généralisation passe par des changements de comportements individuels et collectifs. Parmi les solutions préconisées, l’adoption de certains gestes en entreprise ou au quotidien. Une fois mise en place, la démarche de sobriété énergétique revêt des bénéfices environnementaux et sociétaux.

La surconsommation d’énergie entraîne de fortes émissions de gaz à effet de serre. En s’accumulant, ces gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone aggravent la crise climatique. La biodiversité s’effondre sous l’effet de la chaleur. L’épuisement des ressources naturelles est également un effet néfaste de la consommation d’énergie à outrance. Nécessaires à la production d’électricité, les réserves en charbon ou en gaz naturel s’amenuisent plus vite. Les centrales électriques utilisent de l’eau de manière excessive. Cette ressource vitale tend à se raréfier avec la hausse de la température mondiale. La surconsommation d’énergie vulnérabilise le réseau d’approvisionnement électrique. Une demande trop forte risque de causer des coupures de courant ou des interruptions de services inopinées. Pour les citoyens, les activités économiques, les conséquences peuvent être délétères et chaque citoyen peut agir à son échelle.

Quelle est la différence entre la sobriété et l'efficacité énergétique ?

La sobriété énergétique et l’efficacité énergétique poursuivent le même objectif : la réduction de la consommation d’énergie. Pourtant, bien que complémentaires, ces deux démarches n’agissent pas de la même manière. L’efficacité énergétique cherche à améliorer la performance des équipements lors de leur conception. La sobriété énergétique, elle, est liée aux usages et aux comportements quotidiens. Aussi, les gains énergétiques peuvent donc provenir d’actions nécessitant peu ou pas d’investissements financiers.

Quels leviers pour atteindre la sobriété énergétique ?

  • Sensibiliser et former les collaborateurs pour adopter des gestes simples au quotidien (éteindre les lumières, limiter l’usage des équipements)
  • Réévaluer les besoins réels en énergie et questionner les usages superflus ou non essentiels (utiliser les transports en commun)
  • Adapter les comportements : réguler le chauffage, limiter les déplacements professionnels, favoriser le télétravail
  • Mettre en place une organisation optimisée qui encourage la sobriété, comme la mutualisation des ressources ou la planification des consommations (intensifier la dématérialisation, réduire le nombre de photocopieurs)
  • Suivre régulièrement les consommations pour mesurer les progrès et ajuster les actions (suivi des consommations sur factures)

Quelles solutions envisager pour promouvoir la sobriété énergétique ?

L’Agence pour la transition écologique (Ademe) a identifié des gestes efficaces pour faire des économies d’énergie. Parmi les solutions proposées, baisser le chauffage de 1 °C, laisser la chaleur se diffuser sans obstacle. Mais également adopter le numérique responsable en éteignant les appareils non utilisés. Penser à activer le mode économie d’énergie.

Au sein d’une entreprise, des solutions supplémentaires sont envisageables. Réduire l’éclairage extérieur des bâtiments. Optimiser le chauffage en fonction de la présence des salariés. Entretenir les équipements de chauffage. L’entreprise peut aussi mettre en place un forfait mobilités durables ou instaurer le télétravail. Limiter le recours au numérique est un autre levier d’action.

L’Agence pour la transition écologique (Ademe) aide financièrement les entreprises à mettre en place un plan d’action afin de réduire leur consommation d’énergie et leurs émissions de gaz à effet de serre. Dans le cadre du dispositif Certificats d’économies d’énergies (CEE), certains fournisseurs d’énergie proposent des aides aux ménages ou aux entreprises. Ces aides servent à réaliser des travaux pour réduire la consommation et adopter la sobriété énergétique. Les domaines d’aides de la transition écologique sont : énergies, tourisme durable, qualité de l’air, sol, agriculture, forêt, mobilité et transports, économie circulaire et déchets, changement climatique, urbanisme et bâtiment. Découvrir toutes les aides financières pour la transition écologique des entreprises.

Des exemples de villes leader dans la transition énergétique ?

La ville de Lyon a été sélectionnée dès 2022 par la commission européenne pour intégrer le réseau des « 100 villes climatiquement neutres en 2030 ».  Avec la démarche Lyon 2030, elle concerne tous les secteurs et acteurs du territoire afin de fixer un cap commun de réduction annuelle  des consommations de 10%. La ville de Lyon a pris 18 mesures pour renforcer la sobriété énergétique dans ses bâtiments publics. Parmi ces mesures, une charte pour inciter les commerçants à la sobriété ou encore la pose de films de survitrage. Elle réduit la consommation dans les bâtiments publics. Dans les équipements de la ville, la température ne dépasse pas les 18 °C. L’interruption de l’éclairage public la nuit a été expérimentée. En un an, Lyon a dépassé son objectif de 10 % de réduction des consommations énergétiques.

Les bénéfices aux actions collectives sont nombreux : réduire les coûts (énergie, maintenance, amortissements), diminuer l’empreinte carbone et améliorer la performance RSE, limiter l’impact des hausses ou tensions sur les prix de l’énergie, valoriser l’image de l’entreprise, impliquer les équipes dans une démarche collective fédératrice. L’entreprise pourra prévoir une charte de bonne gestion de l’énergie auxquels les salariés peuvent adhérer par principe. Les actions passent par la sobriété organisationnelle clefs de la réussite.

Quelles sont les actions concrètes pour les entreprises administratives et de transports ?

Sur le chauffage

  • Adapter les horaires de présence pour lisser les pics de consommation.
  • Privilégier le télétravail
  • Optimiser l’occupation des espaces (open spaces, flex office)
  • Mettre en place la gestion de l’éclairage et du chauffage/climatisation selon l’usage réel
  • Réguler les températures : chauffage : 19°C dans les bureaux (recommandations françaises), climatisation : pas en dessous de 26°C
  • Programmer l’arrêt du chauffage/clim en dehors des horaires d’ouverture

Sur l'éclairage

  • Installer des LED et détecteurs de présence dans les couloirs/sanitaires
  • Profiter de la lumière naturelle : dégager les fenêtres, positions de bureaux adaptées
  • Éteindre l’éclairage des pièces inoccupées (bureaux, salles de réunion)

Sur les véhicules

  • Investissement dans des véhicules électriques
  • Équiper les véhicules avec pneus hivers, été avec bon indicateur de consommation de carburant

Sur l'organisation des déplacements professionnels

  • Sensibiliser les collaborateurs à l’écoconduite
  • Favoriser la visioconférence plutôt que les déplacements
  • Favoriser les transports en communs et le co-voiturage (vélos) pour les déplacements domicile-travail mais également en déplacement inter-entreprise
  • Regrouper les missions terrain pour limiter les déplacements unitaires
  • Planifier les déplacements (remplissage optimisé des permanences et animations)
  • Réduction des trajets à vide (mutualisation, groupage)

Sur la gestion des bâtiments

  • Suivi des consommations via des outils (tableur ou logiciel de gestion énergie)
  • Maintenance régulière : chaudières, CTA, PAC, éclairages
  • Amélioration de l’isolation (portes, fenêtres, joints)
  • Pose de thermostats programmables et de vannes thermostatiques

Sur les équipements informatiques et bureautiques

  • Installer des LED et détecteurs de présence dans les couloirs/sanitaires
  • Profiter de la lumière naturelle : dégager les fenêtres, positions de bureaux adaptées
  • Éteindre l’éclairage des pièces inoccupées (bureaux, salles de réunion)

Comment sensibiliser et impliquer les équipes ?

  • Diffuser une charte interne de sobriété énergétique
  • Organiser des actions de sensibilisation (affiches, mail, réunions)
  • Désigner un référent énergie ou un groupe de travail dédié
  • Mettre en place un suivi mensuel visible (tableau des consommations, objectifs)
  • Incitations internes (tableaux de bord, challenges énergie/carbone)

Comment mettre en place une stratégie de sobriété ?

  • Bilan énergétique : comprendre les postes les plus consommateurs
  • Définition des objectifs (kWh, CO₂, budget)
  • Plan d’action priorisé (rapide, moyen et long terme)
  • Mobilisation interne (formation, communication, affiche)
  • Suivi et indicateurs (tableaux de suivi mensuel des consommations, économies)
  • Des ajustements continus

Les bénéfices sont-ils constatés et quantifiables ?

Oui la baisse significative des coûts opérationnels est possible de l’ordre de 10 à 20 % d’économie d’énergie et cela est réalisable rapidement par des changements de comportements et de réglages.

La collaboration entre salariés se voit renforcée par l’engagement autour d’un projet commun et récompensé pour le rendre incitatif plutôt que coercitif. Il permet également pour certains salariés de trouver un éco sur le lieu de travail aux bonnes pratiques et valeurs qu’il met en œuvre au quotidien dans sa vie privée.

Conclusion

La sobriété énergétique en entreprise n’est pas seulement un geste écologique : c’est une stratégie de performance, accessible, progressive et économiquement avantageuse. Elle combine bon sens, organisation, comportements et optimisation des équipements existants. Elle constitue aujourd’hui un levier majeur pour les entreprises souhaitant concilier compétitivité, résilience et responsabilité environnementale.

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